Celle qui racontait ses premiers émois amoureux
Quand j'ai commencé ce blog, je me suis fait une promesse. Celle d'écrire sans réserve, ni tabou, de parler de ce qui me tenait à coeur sans m'autocensurer. A la lecture des aventures de Chris m'est venu l'envie d'écrire sur mes amours passées, mes premiers émois et de mes diverses expériences. Je ne procèderai pas par ordre chronologique, ni par ordre d'importance car il est difficile d'établir un classement dès lors que l'on parle de sentiments. Ca peut être une aventure d'un soir, une histoire de quelques mois, voir de quelques années, mais si j'évoque ces différentes personnalités qui ont fait un passage dans ma vie c'est parce que, à divers degrés, ils ont fait de moi celle que je suis aujourd'hui.
J'ai déjà évoqué ma passion sans limite pour la musique, cela ne vous étonnera peut etre donc en rien si je vous dis que l'un de mes grands amours a un rapport très lié à celle-ci...
Comme je l'ai évoqué précédemment, je pratique la clarinette, moins au jour d'aujourd'hui mais ça me prends de temps à autre.
J'ai fait partie d'une école de musique pendant une bonne dizaine d'années, à prendre des cours de solfège, et des cours de clarinette afin de développer mes compétences musicales et la pratique de cet instrument. Je devais avoir 14 ans, quand le directeur de la dite école, me proposa d'assister à un concert de l'Harmonie municipale de la ville afin de décider si je souhaitais l'intégrer ou non.
C'était un grand pas en avant dans ma carrière musicale puisqu'on me proposait d'intégrer un orchestre à part entière et non plus seulement de faire partie de la classe d'orchestre où j'avais fait mes preuves en tant que soliste.
J'acceptai donc l'invitation, et me rendit donc au dit concert, qui avait pour thème les musiques de films. Celui ci eut lieu dans un ancien cinéma, endroit idéal pour cette prestation. Je m'installe confortablement dans l'un des fauteuils, accompagnée de ma mère, et jette un oeil au programme de la soirée : les thèmes de James Bond, Morricone, Star Wars, West Side Story, j'en passe et des meilleures allaient donc enchanter nos oreilles. Je n'avais qu'une hâte, découvrir comment tout cela allait prendre forme et surtout quelles émotions m'attendaient au détour de ces morceaux.
J'étais loin de m'attendre à ce qui allait m'arriver. L'heure du concert approcha, les musiciens, une cinquantaine environ, agés d'environ 20 a 50 voir 60 ans, prennent place sur scène. Et c'est là qu'il fit son entrée dans ma vie.
Le Chef d'Orchestre.
A cet instant précis, j'ai su quelle réponse j'allais donner quant à mon intégration au sein de la formation.
Cet homme, grand, chatain aux yeux verts avec un sourire à faire palir la Joconde, vêtu d'un costume noir et blanc, réhaussé d'une queue de pie, a capturé mon coeur en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire. Il lui a suffi de quelques secondes, quelques mots déstinés à nous présenter le spectacle, d'un souire pour que mon coeur batte la chamade.
Le premier morceau était New York New York, c'est à cet instant que la magie a complètement fini d'opérer... Je fus emballée d'entendre la parfaite harmonie entre tout les instruments et cela me prit aux trippes dès les premières notes. Et voir ce bel homme (même si c'était de dos) diriger tout ce petit monde d'une simple baguette pour donner vie à quelques notes sur des partitions m'a totalement convaincue.
Après cette magique soirée, j'ai donc pris la décision d'intégrer l'harmonie. Autant pour l'amour de la musique que pour mon beau chef d'orchestre...
Les répétitions pour préparer les concerts, avaient lieu tout les Samedi soirs, de 20H30 à 22H30. Très vite, je fus adoptée par l'ensemble des membres composants l'assemblée, et un peu couvée même devrais je dire puisque j'étais de loin la plus jeune participante. J'étais un peu le bébé de la formation, mais qu'importe, je n'avais d'yeux que pour mon chef. D'autant que celui ci s'est avéré être un musicien hors pair (percussioniste) et un être adorable des plus attentionés avec moi. Pour précision il avait 23 ans... Jeune pour être chef, croyez moi. Mais quelle maîtrise de son art...
Petit à petit, j'ai appris à le connaitre et à l'aimer d'autant plus. Et pauvre créature naive que j'étais, mon coeur s'enflammait pour lui de semaine en semaine, bien que j'avais tout de même conscience de la différence d'âge qui nous séparait, mais j'ai toujours eu une affection particulière pour les histoires impossibles...
Le temps passait, je m'intégrais au mieux, perfectionnait la pratique de mon instrument au fil des semaines et des mois, je découvrais des univers musicaux qui m'étaient inconnus, les grandes ouvertures d'Opéra comme la Flute Enchantée de Mozart, Carmen, les grands classiques du Jazz de Gershwin, les comédies musicales comme my Fair Lady, les défilés commémoratifs pour le 11 Novembre sous la pluie, les fous rires retenus pendant les minutes de silence imposé., des déplacements au travers de la France pour faire des concours et faire monter en grade notre formation, des concerts en Allemagne logés chez les habitants. Je n'entre pas dans le détail de tout ce que ça m'a apporté mais que de bons moments. Et toujours je revais d'être au bras de mon chef adoré.
Lorsque j'ai été choisie pour répresenter Sainte-Cécile (Sainte Patronne de la musique), je devais avoir à peu près 16 ans. Une très belle journée que j'ai vécu car j'ai bien sûr été la star de la journée et mon chef m'a couvert de cadeaux ce jour là, des fleurs magnifiques, un joli bracelet, et divers accessoires pour ma clarinette. Imaginez un peu les films dignes d'Hollywood dans ma petite tête...
Puis un jour... toujours l'année de mes 16 ans, en Octobre, lors d'un concours, nous étions en déplacement. Et là, ce fut la descente aux Enfers. Mon chef adoré nous faisait part de ses fiancailles, avec l'une des musiciennes de notre formation. Et moi, gourde que j'étais, aveuglée par des sentiments enflammés, je n'avais rien vu venir... Mon coeur s'est brisé en 1000 morceaux à cette annonce et il m'a fallu des semaines pour m'en remettre... Mais j'ai malgré tout continuer à assister aux répétitions, car je voulais continuer à faire partie de sa vie même si c'était dans une moindre mesure... Et je restais malgré tout sa petite préférée du fait de mon jeune âge...
Peu à peu, j'ai fini par accepter les choses telles qu'elles étaient, et si j'ai détesté pendant quelques temps celle qui allait devenir sa future femme et la mère de ses enfants, j'ai fini par l'apprécier car c'était une personne adorable et qui méritait bien l'amour que lui portait mon chef. J'étais triste, mais mes sentiments étaient toujours bien présents. Puis sont arrivées les grandes vacances...
Vous savez tout comme moi, combien la vie peut faire preuve d'une cruelle ironie... Comme chaque année depuis ma naissance, je suis partie en vacances en Bretagne avec mes parents, et un jour, mon père revient du boulanger et me dit la chose suivante : "Il y a quelqu'un qui va venir te dire bonjour cet après midi... Crois moi tu vas en être ravie!" . Bien entendu il n'a rien voulu me lacher. Et croyez le ou non, mais dans l'après-midi, mon chef est venu me chercher pour aller faire une ballade à Saint Malo, il s'est avéré qu'il était en vacances chez des amis à lui qui vivaient juste à côté de la maison où nous résidions., qu'il avait croisé mon père et lui avait demandé s'il pouvait m'emmener en ballade. Ce dernier ignorant tout de mes sentiments à son égard avait jugé bon d'accepter sans me consulter au préalable. Il a fallu que je le retrouve par hasard à 400 km de chez moi, moi qui pensait pouvoir l'oublier en m'éloignant pendant les grandes vacances... J'étais partagée entre la colère et la joie. Mais finalement, je n'ai pu que me réjouir de le retrouver pour passer ce moment avec lui puisqu'en plus c'était la première fois que je me retrouvais complètement seule en sa présence. Je garde au final un tendre souvenir de cette journée, qui m'a fait pleinement prendre conscience de cet amour impossible...
Peu à peu mes sentiments se sont atténués... Mais encore aujourd'hui, j'ai toujours un pincement au coeur en repensant à lui... Si beau dans sa queue de pie... Si agile dans l'art de manier sa baguette et de nous conduire, de nous guider dans l'execution de morceaux magnifiques qui ont bercé mon adolescence et dont je suis capable de retrouver les notes aujourd'hui sans la partition sous les yeux...
Je peux dire sans conteste que ça été mon premier grand amour... Au jour d'aujourd'hui je ne le cotoye plus mais je suis de loin sa carrière et je sais qu'il est réputé en son domaine, et à priori heureux dans sa vie personnelle aussi. Je me demande tout de même quel effet ça me ferait si je venais à le recroiser...

Par Mademoiselle V., Lundi 14 Janvier 2008 à 19:21 GMT+2 dans Love Is Gone (article, RSS)
Non je ne suis pas voyeuse (nonméo !) mais j'ai toujours tendance à être émue devant des sentiments aussi beaux et purs !
Attends de voir la suite de mes aventures, c'est pas tjs si pur que ça en a l'air lolol






