Celle qui racontait son premier baiser...
Le premier baiser, pour ce que j'ai pu constater en abordant la question avec certaines personnes de mon entourage, est un moment particulier. Je ne parle pas d'un simple smack! Mais d'un baiser bien plus profond... celui où les langues se lient et se délient... Celui qui donne des papillons dans le ventre rien qu'en l'imaginant, celui où on se demande si l'Autre va savourer ce moment où si on va soi-même le savourer, d'autant plus quand on est inexpérimenté en la matière. C'est donc ce moment là que je vais partager avec vous par le biais de cet article... Mon premier baiser...

J'avais à peu près dix ans quand des nouveaux voisins ont emmenagés dans la maison juste à côté de la mienne. A l'époque, nous habitions dans ce qu'on appelle ici des "cités" (rien à voir avec les cités des banlieues parisiennes), à savoir des maisons individuelles en brique rouge, accolées les unes aux autres. Il s'agissait d'un couple, lui avait une quarantaine d'année, et elle, environ 25 ans. Très vite ma mère s'est prise d'affection pour la jeune femme, qui issue de la DASS, rencontrait beaucoup de difficultés pour gérer une maison au quotidien. Elle venait très souvent demander de l'aide pour l'accompagner dans les tâches les plus basiques, ce que ma mère se faisait un plaisir de lui apporter. Lui, avait deux enfants issus d'un premier mariage qui vivaient en région parisienne. Le "petit frère" avait 10 ans, il était chatain aux yeux noisettes. Et le grand frère 13 ans, brun aux yeux bleus. Rien ne pouvait laisser penser d'un point de vue physique qu'ils étaient frères.
Tout naturellement, je suis rapidement devenues amie avec les deux garçons. Ils venaient passer presque tout les week ends ainsi que la plupart des vacances scolaires chez leur père. Nous passions donc beaucoup de temps tous ensemble, et les garçons étaient souvent fourrés à la maison, bien plus que chez leur père. Nous passions notre temps à jouer à la console, à regarder des films, à faire des piques niques en fôret, des journées à la plage, des cueillettes de baies dans les dunes pour faire des tartes que nous partagions tous à la même table le soir. Nous étions devenus une espèce de grande famille recomposée. Mes parents faisant office de grand parents pour les garçons, de parents pour les voisins et moi au milieu de tout ça qui était au comble du bonheur.
Avec le "petit frère" je développais une relation réellement fraternelle, on se chipouillait comme des frangins et se réconciliait aussi vite. Quand il m'embêtait trop je piquais les clés de la boite qui contenait les jeux de mon amiga 500, ce qui avait le don de le faire enrager! Avec le grand c'était un peu différent, il était très protecteur à mon égard.
Mais les moments que je préférais par dessus tout, c'était le soir. Les garçons dormaient souvent à la maison, cependant quand ils dormaient chez leur père, nous avions trouvé un mode de communication aussi inutile que grotesque, puisqu'on ne pouvait pas vraiment se comprendre, mais qui nous ravissait. Ma chambre avait un mur commun avec la leur. Et nous passions des heures, jusqu'à tard dans la nuit, à taper doucement dans le mur pour faire savoir que nous étions encore éveillés. Autant dire que ça rendait nos parents... dingues! Mais peu importe, tout les soirs, c'était le même cirque qui recommençait. Et des fois, nous osions même pousser l'audace à carrément discuter par la fenêtre... Je m'en suis pris des lignes à copier pour ça... Mais je m'en fichais totalement, j'étais heureuse!
Les années ont passés... Notre complicité et notre amitié grandissant toujours un peu plus. Les garçons devenaient de plus en plus beau en vieillissant. Moi même de petite fille, je devenais une jeune fille avec tout ce que ça implique... Et j'avoue que même si mon chef d'orchestre a été mon premier grand amour. Le grand frère a été mon premier béguin. J'avais 14 ans, le petit frère aussi, et le grand 17. Mais ce dernier ne me regardait pas... Il ne faisait que s'intéresser à mes copines et sortaient avec elles les unes après les autres! Bonjour les embrouilles pour ne rien vous cacher, c'était un vrai tombeur! Mais je pense qu'il voyait toujours en moi la petite fille de 10 ans. Jusqu'au jour où un concours de circonstance, a changé la donne, à mon avantage. Et je vous assure que sur le coup... Je n'aurai jamais cru que ça aurait un impact en ce sens! Accrochez vous... Voici je pense, le plus grand moment de solitude de ma vie...
Les garçons avaient dormi à la maison cette nuit là. Le lendemain matin, nous avions pris le petit déj tous ensemble dans la bonne humeur habituelle. Je me décide donc à aller prendre ma douche. Je sors à peine de la douche, que ma mère me crie du bas de l'escalier, qu'une de mes copines veut me parler au téléphone. Ni une, ni deux, je plonge sur le lit de mes parents, laissant la porte grande ouverte sur le couloir, lieu de passage de l'étage, et je décroche le téléphone pour papoter avec mon amie. Dix minutes, un quart d'heure... Le temps passe. Je papote, je papote, quand j'entends des pas dans l'escalier. Le grand frère monte pour se doucher à son tour, passe devant la chambre... puis a un moment de recul et reste planté devant la porte à m'observer des pieds à la tête. Et le voilà qui dit : "Miss V. Miss V. !!!" , puis plus rien la bouche grande ouverte. Petit détail que j'ai oublié de préciser. J'étais nue comme Eve. Le temps que je réalise... C'était trop tard, il avait déjà détaillé toutes mes rondeurs féminines... Et je crois que c'est à ce moment précis qu'il a compris que je n'étais plus la fillette de 10 ans. Je me suis donc précipitamment levée, et lui ai claqué la porte au nez. Hésitant entre rire et pleurer.
Quelques mois ont passé après cet épisode, puis un soir, alors que mes parents étaient partis en week end, les garçons étaient restés avec moi chez mes parents, sachant que les voisins étaient à côté. Le petit frère décida d'aller se coucher, et je me retrouvais donc seule avec le grand frère. Nous étions tout les deux sur le canapé, en train de regarder je ne sais plus quel film. Nous bavardions de choses et d'autres, et d'un seul coup sans que je comprenne ce qui m'arrive, le voilà qui s'approche de moi, qu'il prends sa tête entre mes mains et qu'il pose délicatement ses lèvres sur les miennes. Je ne vous décris même pas les noeuds dans le ventre que j'avais, j'étais tellement surprise! Saisie par cette réaction inattendue! Lentement il glissa sa langue dans ma bouche et carressa la mienne longuement... Je ne sais pas combien de temps nous sommes restés comme cela, à jouer mutuellement avec nos langues, mais je découvris un plaisir que je ne soupçonnais pas jusqu'alors. J'avais déjà pris conscience que mon corps pouvait être un instrument de plaisir (oui j'avoue j'ai été précoce sur la question *heum*), mais de découvrir qu'un "simple" baiser pouvait me procurer autant de sensations avait fait tout basculer dans ma petite tête!
Nous restames ainsi à nous embrasser longuement jusqu'au petit matin. Puis la vie a repris son cours. Il continua à aligner les conquêtes et moi à rêver de revivre ce joli moment. Avec lui ou avec un autre... Mais ça c'est une autre histoire. Nous n'en avons jamais plus reparlé, pendant de longues années.
Aujourd'hui, je suis toujours amie ces deux hommes. Une amitié de presque 20 ans... Le petit frère est marié et papa depuis quelques mois d'une petite fille. Et le grand frère vit avec la soeur de la femme de son mari avec qui il est en couple depuis quelques années.
Juste pour conclure cette histoire, voici ce qui m'est arrivée avec lui il y a environ 3 ans... Nous étions invités mon ami de l'époque et moi à diner chez le grand frère et son amie. Au moment du dessert, je suis allée l'aider dans la cuisine pour le préparer. Il a fermé la porte, laissant mon ami et la sienne dans la salle à manger, et je ne sais pour quelle raison obscure , m'a saisi le bras, m'a approché de lui et m'a embrassé comme ce fameux soir... Autant dire que j'étais plutôt déconcertée... Il m'a alors chuchoté à l'oreille : "Je voulais juste me rappeler la magie de cette nuit là". J'ai souri. Je n'ai rien ajouté puis je suis retournée dans la salle à manger, rejoindre mon ami. Et lui la sienne... Et la vie a repris son cours...
Par Mademoiselle V., Lundi 28 Janvier 2008 à 01:20 GMT+2 dans Love Is Gone (article, RSS)








