Celle qui gardait le sourire
Journée noire, du matin jusqu'au soir. Mais ne vous méprenez pas, je garde le sourire...
Ce matin, je me devais impérativement d'être à l'heure au boulot, parce que nous n'étions que deux, et que j'étais la gardienne des clés. Je prévois donc le coup, en partant un peu plus tôt qu'à l'habitude. Forcément, c'est AUJOURD'HUI, que j'ai mis le plus de temps pour faire mon trajet. 2H15 pour être précise. Même en temps de grève, j'ai mis moins longtemps. Résultat : Ouverture avec 1 heure de retard.
J'arrive donc devant l'agence, où je trouve une poignée de clients qui attendent devant. Souris, Miss V., SOURIS!
Je lance un bonjour enjoué à la petite populace, et mes plus plates excuses dans la foulée. Bien évidemment Papy Aigri ne peut s'empêcher de faire une réflexion quant à la longue attente que je lui ai fait subir. Qu'importe, je rentre dans l'agence et hop, c'est parti j'ouvre la cage aux fauves.
Rien de tel que de commencer la journée non seulement par deux heures de bouchons, pimenté par le monologue d'un misanthrope (je reprends ses termes) qui ne voit plus aucun sens à la vie. Que nenni! Je souris.
Arrivée dans mon bureau, je jette un oeil inquiet à ma messagerie. Nouveaux messages à consulter. Je crains le pire. Entre temps, un monsieur de notre succursale me demande au guichet. Il vient pour nous former sur je ne sais quel dispositif mis en place récemment. Je regarde l'heure, j'ai un client qui doit arriver pour un rendez-vous dans quelques minutes.
Je décline donc la proposition de formation, pour des raisons évidentes il me semble. Pas pour tout le monde à priori. Le Monsieur boude. Je ne suis pas trop disponible parait-il. Oui, et bien il aurait été judicieux peut-être de prévenir avant de débarquer pour me former sur je-ne-sais-quoi, et éviter de le faire le jour où je suis la seule conseillère à l'agence non? Enfin peu importe! Je souris.
J'écoute ma messagerie, je vérifie mes mails. Un client arrive pour son rendez-vous. Je m'apprête à le recevoir, quand surgit de nulle part, Madame Vieille Peau de Renard (pour ne pas dire vieille peau de vache) qui arborant fièrement sa fourrure, m'interpelle alors que je fais entrer mon client dans mon bureau. Besoin d'informations, c'est urgent, elle tente donc d'entrer en forcing dans mon bureau où mon client a déjà pris place. Je la redirige vers le guichet pour obtenir les informations qu'elle souhaite. Madame Vieille Peau de Renard, s'offusque, s'indigne, se révolte. Inadmissible qu'on ne la reçoive pas dans la minute en lui déroulant le tapis rouge. Je souris, et lui ferme gentiement la porte au nez. Notez, je souris.
Pendant mon rendez-vous, le téléphone sonne, incessamment. Toujours le même numéro qui s'affiche. Par politesse pour mon interlocuteur, je ne décroche pas, non sans m'interroger sur ce qui m'attends à l'autre bout de ma boîte vocale. Tiens ma boite mail clignote. Encore un message. Mon rendez vous s'achève. Je prends mon courage à deux mains et écoute ma messagerie. Monsieur Tout tout de suite qui a besoin d'une attestation immédiatement, c'est très urgent, en effet ça fait deux jours qu'il doit la fournir à une institution de l'état qui n'aime pas attendre. Seulement, le délai d'obtention de la dite attestation est d'une semaine. Mais non c'est tout de suite, il en avait besoin il y a deux jours. Peu importe je souris.
Je vérifie mes mails, Mme Alzheimer sévit une fois de plus. Quand elle a une question, elle a pour habitude de m'envoyer le mail, environ une fois par heure, pour être sure que j'ai bien pris connaissance de sa demande. Et ce, jusqu'à ce que je lui apporte réponse à sa demande bien entendu. Oh oui, je souris.
Un peu mal au crâne ce matin, je commence à me sentir fiévreuse, un peu mal en point. Merci à M. et Mme Bidochon de m'avoir craché leurs poumons, microbes compris, Samedi pendant une heure et demi. Un doliprane, et je souris.
La journée se termine, je prends ma titine pour regagner mon chez moi. Arrivé à un grand carrefour, feu vert, la voiture devant moi pile net, commence à reculer. Se rapproche peu à peu de moi. Je klaxonne avant de me faire emboutir, non sans râler pour le coup. Je ne comprends pas pourquoi il s'arrête à un feu vert. Ca m'agace. Je tourne la tête sur la droite, et que vois je? Un monsieur des forces de l'ordre qui me crie dessus par ce que j'ai klaxonné. En train de réguler la circulation. Pardon, je n'avais pas vu. Je m'enfonce dans mon siège, cherchant un recours en ma doudoune orange pour me planquer. Décidément, j'ai vraiment un rapport particulier avec les schtroumpfs. J'avance un peu, et puis au final ça me fait sourire!
Et là tout de suite maintenant, je suis dans mon lit. Je me dis que demain ne pourra pas être pire. Alors... de plus belle... Je souris!!! Même si intérieurement ... J'ai envie d'hurler!
Par Mademoiselle V., Mardi 19 Fevrier 2008 à 21:52 GMT+2 dans Ca me vexe (article, RSS)










