Celle qui n'avait Jamais la Paix.
J. comme jour J.
J. comme Jamais la Paix

Des mois que j'vous en parle. Des mois que j'l'attendais.
Ce matin, 9H30, direction la fnac. 10H05, j'ai l'album entre les mains. Délicatement, fébrilement, j'ôte son emballage. On a déjà fait connaissance. Mais là, je vais enfin pouvoir me l'approprier. L'écouter jusqu'à plus soif. Profiter de chaque mélodie, décortiquer chacun des textes. M'attarder sur tel ou tel riff de guitare qui me fait dresser les poils au garde à vous chaque fois qu'il résonne.
Un peu le trac. Découverts sur scène, comment vais je ressentir les versions studios de ces morceaux qui m'ont tant remués les trippes lors des derniers concerts?
Je mets le disque dans la platine. Et là, je ne peux que sourire. Le Vent , la Fureur. Ouverture des concerts. Ouverture de l'album. Je ferme les yeux. Ca y est j'y suis. Encore. Je retrouve cette énergie si intense qui se dégage en concert. Envolé le trac. Je sais que l'album va être à la hauteur de mes espérances. C'est la guerre!
Puis vient ASD (Aveugle et Sans Défonce), et là j'ai encore plus le sourire. Je me demande comment ils ont réussi à restituer une accoustique pareille pour nous donner l'impression d'être là en train de jouer devant nous. Je fredonne de suite la mélodie, une mélodie simple, entêtante. A l'image de la voix de Katerine.
Si seulement c'était les deux grands seuls moments de cet album, je crois que je me serai pas repris une méchante claque. Mais c'est sans compter sur le reste.
Quand j'entends Enjoliveur, je ne peux m'empecher d'avoir le sourire. Sans doute la chanson la plus barrée. Mais quel bonheur quoi. La petite touche d'orgue donne un ptit truc déjanté en plus calé sur une rythmique électronique. Je te carbure des yeux. Mais où on peut trouver des expressions si imagées et si fortes? Et sincèrement, Katerine est la seule artiste que je connaisse qui puisse chanter sans complexe qu'elle nique le vent et qu'elle pisse debout en restant ultra glamour. Rien que pour ça on ne peut que l'admirer.
Autre point fort, les 4 larrons s'éclatent avec les rythmiques et ceux sur plusieurs titres. C'est d'autant plus vrai, pour des titres comme Pas de carrés, ou encore le même Enjoliveur que je citais un peu plus tôt. Le calme avant la tempête, et souvent quand on s'y attends le moins. On se relaxe tranquille, et d'un coup on s'énerve. Et on suit le mouvement parce qu'on se laisse emporté sans savoir où on va.
Puis d'un coup on se retrouve dans L'Espace. Et oui, parce que notre planète va mal. Et du coup bah y a des gars qui ont peur de perdre leur doigt. Et nous on se perds avec eux, là à contempler les étoiles filantes. A des années lumières qui brillent jusque sous terre. Voilà comment on se retrouve propulsé dans une autre galaxie en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Et encore une fois, la mélodie y est pour beaucoup. Vraiment y a qu'à écouter pour se laisser porter et voyager loin très loin. En tout cas moi je les suis les yeux fermés...
Plus terre à terre mais tout aussi imagé, Katerine nous livre une vision acerbe du monde du travail à travers de Click Clock. Je ne peux pas m'empecher de m'identifier à cette chanson surtout dans les circonstances actuelles. La vérité sort de la bouche de Katerine je vous le dis.
Jamais la Paix, le titre éponyme, est un peu un condensé de l'ensemble de l'album. On y retrouve tout ce que j'aime, une mélodie brute, un texte qui peut ne pas parler à tout le monde car issu de l'univers de Katerine qui a le don de nous faire voir les choses les plus banales à sa façon, en les poétisant, et en permettant à chacun d'y entrevoir sa propre vision des choses. Une liberté totale dans l'interprétation des messages qu'elle délivre à travers ses textes.
Beaucoup de titres sont mi parlés mi chantés, voir parfois juste sussurés, soupirés, sur cet album, et j'avoue que ça donne un certain charme à l'ensemble.
Je pense à Tea Time assez sensuel dans son genre plus dans le texte que dans la mélodie d'ailleurs, qui rejoint aussi un peu l'esprit d'En Smoking, cela dit la première ayant vraiment un coté rock très prononcé, la seconde se faisant plus velour, plus sensuelle, un peu à l'image de Fringue par Fringue.
Et puis il y a ces chansons sublimes, qui prennent aux trippes, tant par la mélodie que par le texte. Je pense à Maman XY, dont le thème délicat est abordé avec une sensibilité toute particulière et un engagement déterminé dans l'interprétation même.
Et puis il y a cette chanson. Alors Je Dessine. La pas prévue, l'inattendue, celle qui me fait trembler comme une feuille, qui me donne des noeuds dans le ventre. Qui a fait couler des larmes venues de je ne sais où la première fois que je l'ai entendue à la Cigale. Le texte est juste sublime, et la musique que dire. D'autant que les jeux de voix sont omniprésents ce qui donne encore du relief à cette chanson qui pour moi est vraiment le diamant brut de l'album.
J'aurai probablement l'occasion de revenir sur chacune de ses chansons, de les décortiquer, de vous les faire découvrir de mon point de vue. Mais pour ce soir, je vous laisse avec Le Vent, La Fureur. Juste histoire de donner le ton. Et oui. Encore. C'est la gueeeeeeeeeeeeeeeerre!
Par Mademoiselle V., Lundi 26 Mai 2008 à 20:46 GMT+2 dans Hyper Music (article, RSS)









