Celle qui n'avait pas de quoi être fière
Oui je sais mon deuxième prénom c'est un peu désiré en ce moment cela dit, il ne se passe rien dans ma vie qui mérite d'être raconté. Point mort, Zero pointé. Na je déconne. En fait je suis juste atteinte de flemmingite aigue. Voila tout de même ce qui m'amène... Pas de quoi être très fière alors j'allège mon karma. Juste pour faire genre, parce qu'au final la vérité vraie c'est que je n'ai aucun scrupule à avoir fait ce que j'ai fait. Explications.
Je me dirige tranquillement vers le métro, après une journée relativement tranquille mais quand même une journée de boulot. Je dois avoir a peu près allez, à tout casser 300 ou 400 mètres à parcourir pour atteindre le métro. Je parcours environ 100 mètres quant tout à coup surgie de nulle part, une jeune femme me saute dessus en me disant qu'on est sur la même longueur d'ondes. Derrière mes lunettes de soleil disco, j'ai l'oeil interrogatif, mais pas de bol, il faut que je me rende à l'évidence, j'ai la bonne trogne pour attirer les associations à but soi disant caritatif de tout poils en manque de financement. Bref je me laisse avoir une fois de plus, allant même jusqu'à mettre la main à mon portefeuille. Ah oui mais là, la jeune femme m'arrête de suite.
Pas d'espèces, pas de chèques. Maintenant c'est de l'engagement sur du long terme qu'on recherche. On accepte uniquement les prélèvements. Et ma cause caritative personnelle alors?
Qui c'est qui la finance? Bien sur. Un ptit formulaire à signer pour un prélèvement mensuel histoire de prouver ma volonté de m'engager pour une bonne cause. Mais bien sur. Il y a aussi marqué PIGEON VOLE, sur mon front. Soit, je remplis les coordonnées du formulaire. Et là, Honte sur moi (c'est BON LA HONTE), dans un premier temps je mens effrontément à la demoiselle en lui disant que je n'ai pas mes coordonnées bancaires sur moi pour remplir le formulaire (j'ai mon chéquier avec un rib dans mon sac), ce sur quoi elle me propose de m'appeler pour les lui fournir. Très bien, puisque tu insistes , mon numéro de portable. Numéro de portable que je déclame à haute voix afin qu'elle en prenne note, sans un bégayement, sans une once d'hésitation dans ma voix. Avec un chiffre faux dans le dit numéro. Le tout sans rougir.
Elle me tends alors, le journal trimestriel de la dite association pour me remercier de mon geste.
Je lui souris, lui souhaite bon courage, en toute sincérité et confirme le rendez vous téléphonique convenu toujours aussi effrontée dans mon mensonge. Je me dirige vers le métro. J'ai en main le fameux journal. J'ai l'impression de brandir la flamme olympique sur les 300 mètres restant. Cinq ou six personnes de la dites association, m'alpaguent pour me demander aussi un investissement sur du long terme. Sur 400 mètres ça fait beaucoup, un peu trop de sollicitations à mon goût.
Je leur brandis avec fierté le fameux journal que j'ai eu l'intelligence de garder à portée de main pour assurer mon salut. Je suis félicitée, encouragée, des bravo à en perdre haleine. Je crois rêver mais non. C'est bien la VRAIE VIE. Celle où on nous prends pour des vaches à lait qu'il est possible de traire façon self service.
Ah oui mon karma en prends un coup. Cela dit je vais vous faire une confidence. Que cela reste entre nous. Si j'avais du investir 5 euros par mois dans cette actions dite humanitaire, et bien je préfère encore les mettre dans des magazines qui me permettront de passer le temps dans mon nouveau boulot, qui soit dit en passant me donne l'impression d'etre une maison de repos pour conseiller accablé par la pression commerciale qu'on peut subir en agence bancaire.
Allez, promis, demain, j'aide une mamie à traverser la route pour que mon karma ne soit plus dans le rouge. A bon entendeur...
Par Mademoiselle V., Lundi 21 Juillet 2008 à 19:50 GMT+2 dans Ca me vexe (article, RSS)







